Oraisons jaculatoires

"Les oraisons jaculatoires sont des prières très courtes et spontanées, que nous pouvons pratiquer en toutes circonstances. Elles sont de véritables élans du cœur vers Dieu et comptent parmi les voies de la sanctification. Leur objectif étant l'union intime de l'âme avec Dieu"

L’Exercice angélique
DES ORAISONS JACULATOIRES

Voie facile
d’éminente sainteté
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D’après les Maîtres de la vie spirituelle
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par M. l’abbé F. CHATEL
Curé émérite

« Rien ne nous est plus agréable que de voir se répandre dans le peuple chrétien la pieuse et féconde coutume d’adresser du fond du coeur à Dieu, le souverain et universel donateur, de fréquentes invocations, afin d’obtenir sa puissante protection. » ( PIE X : Bref Nihil nobis, 20 mai 1911 )

  • Préface

  • Chapitre I — Excellence et avantages des oraisons jaculatoires

  • Chapitre II — Exemples des saints

  • Chapitre III — Règles à suivre dans l’usage des oraisons jaculatoires

  • Liste d’oraisons jaculatoires

Préface

L’exercice de la présence de Dieu avec la pratique des oraisons jaculatoires, est l’exercice par excellence de la vie intérieure, parce qu’il est le seul qui nous fait vivre dans une union continuelle d’esprit et de coeur avec Dieu. « En cet exercice, dit saint François de Sales, gît la grande oeuvre de la dévotion; il peut suppléer à toutes les autres oraisons; mais, s’il vient à manquer, il ne peut être remplacé par rien(1). » Suivant le même saint Docteur : « Tous les exercices spirituels sans le recueillement intérieur et les aspirations, sont des holocaustes sans moelle, un ciel sans étoiles et un arbre sans feuilles(2). »

Il est donc surprenant que les prédicateurs et les confesseurs ne recommandent pas davantage, surtout aux pieux fidèles, un exercice aussi important.

Les ouvrages anciens et modernes traitant ex professo des oraisons jaculatoires étant extrêmement rares et quasi introuvables, nous avons cru rendre très grand service aux âmes qui tendent à la perfection, en résumant dans ces pages ce que nous ont dit sur ce sujet les saints et les maîtres de la vie spirituelle.

Nous dédions cet opuscule au Sacré-Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ: « source de vie et de sainteté(3). »

L’abbé F. CHATEL

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1. Vie dévote, 2e p. ch. 13
2. L’esprit de S. François de Sales; édit. Marbeau; 3e p. ch. 7
3. Litanies du Sacré-Coeur

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CHAPITRE I

Excellence et avantages des oraisons jaculatoires
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La foi nous enseigne que Dieu est présent partout, et que : « nous avons en Lui la vie, le mouvement et l’être1. » Le chrétien dont l’âme est ornée de la grâce sanctifiante, est d’une manière spéciale le temple du Seigneur. « Si quelqu’un M’aime, dit Jésus-Christ, il gardera Ma parole, et Mon Père l’aimera, et Nous viendrons à lui, et Nous ferons chez lui Notre demeure2. » Saint Paul écrivait aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vos membres sont le temple du Saint-Esprit qui est en vous3? » Notre vie s’écoule donc sous les regards et dans la compagnie du Père, du Fils et du Saint-Esprit; c’est pourquoi notre devoir est de Les honorer par l’exercice de la présence de Dieu, surtout en faisant souvent des oraisons jaculatoires. Le chrétien qui néglige cette sainte pratique, ressemble à un fils qui, se trouvant toujours près de son père dont il serait tendrement aimé, ne s’occuperait de lui et ne lui adresserait jamais la parole. Quels seraient la foi, l’amour, la ferveur d’un pareil chrétien? Saint Jean-Baptiste de la Salle écrivait à un de ses religieux : « Il paraît que vous pensez rarement à Dieu. Hé! quel moyen d’avancer dans la vertu du saint amour, si on ne pense pas à Celui qui doit faire le sujet de nos pensées4?

C’est pour exciter nos lecteurs à s’appliquer fervemment à l’exercice de la présence de Dieu par la pratique des oraisons jaculatoires, afin de parvenir à la sainteté et à la perfection5que nous publions cet opuscule. « L’exercice des oraisons jaculatoires, dit le cardinal Bona, est d’une si grande importance pour parvenir à la perfection en peu de temps, que tous les hommes remarquables par la doctrine et par la sainteté en ont fait le plus grand cas6. »

On entend par oraisons jaculatoires, de courtes mais ferventes prières, mentales ou vocales, qui partent du cœur comme des traits (jacula) enflammés. Ces petites prières portent aussi le nom d’aspirations, parce qu’elles sont des élans de l’âme vers Dieu, et celui de mouvements anagogiques, c’est-à-dire dans la direction d’en-haut.

Comme on le voit, les oraisons jaculatoires se distinguent des autres prières par la brièveté et par la ferveur.

La fin des oraisons jaculatoires est l’union de l’âme avec Dieu7. « La fin de la vie spirituelle, dit saint Thomas, c’est l’union de l’homme avec Dieu, laquelle se fait par la charité; et tout ce qui regarde la vie spirituelle tend à cette union comme vers sa fin8. »

L’exercice des oraisons jaculatoires a été excellemment pratiqué par tous les saints depuis le commencement du monde. Il fut même l’une des pratiques préférées des Pères du désert. Nous lisons dans une lettre de saint Augustin à Proba : « On dit que nos frères, en Égypte, prient fréquemment, mais que leurs prières sont très courtes et comme des traits décochés vers le ciel, de peur que l’attention, si nécessaire à celui qui prie, ne finisse par s’émousser et par s’éteindre dans des prières plus longues9. »

Nombreux et magnifiques, merveilleux même, sont les avantages de l’exercice des oraisons jaculatoires, mais, remarquons-le tout de suite, pour ceux qui le pratiquent fréquemment, fervemment et persévéramment. D’après les maîtres de la vie spirituelle, les principaux sont les seize suivants :

1. Les oraisons jaculatoires nous font pratiquer excellemment le saint exercice de la présence de Dieu, qui est l’exercice capital de la vie spirituelle. Nous disons : excellemment, parce qu’il est incomparablement préférable de joindre une courte prière au souvenir de Dieu, que de se contenter seulement de penser à Lui, la prière tenant la première place, après la dévotion, parmi les actes de la vertu de religion10. Remarquons, avec saint Alphonse, que : « Ces courtes affections ou prières sont beaucoup plus propres à faire conserver la présence de Dieu, que les longues oraisons11. »

2. Les oraisons jaculatoires nous préservent de toute offense de Dieu, en nous rappelant continuellement Sa présence et en nous faisant mener une vie de prière; par conséquent, elles constituent un des principaux exercices de la voie purgative, à laquelle appartiennent les âmes qui doivent lutter péniblement pour éviter le péché mortel. « Le souvenir fréquent de Dieu, dit Lancicius, avec la pratique des aspirations, est comme le fondement de la vie spirituelle : comme l’expérience le prouve et les saints Pères l’enseignent, par ce moyen l’homme se préserve du péché12. »

3. Les oraisons jaculatoires sont un des moyens les plus efficaces pour parvenir à la perfection, c’est-à-dire à la pratique de toutes les vertus chrétiennes; par conséquent, elles doivent être familières aux âmes qui se trouvent dans la voie illuminative, où l’on s’applique surtout à imiter les vertus dont Notre-Seigneur nous a donné l’exemple. « L’usage fréquent des aspirations, dit Alvarez de Paz, est un moyen très efficace pour arriver à la perfection. Elles sont, en effet, comme un feu allumé dans nos cœurs par le Saint-Esprit, et qui consume tous les péchés et détruit tous les vices. Elles font disparaître de nos âmes tout ce qui les souille et empêche la ressemblance avec Jésus-Christ. En nous rapprochant du Seigneur, elles nous font vaincre les multiples tentations de l’ennemi que nous fuyons. Elle nous aident à acquérir toutes les vertus, car, ou bien elles sont des actes d’amour de Dieu; or, la charité est accompagnée des autres vertus; ou bien elles sont des affections de l’une ou l’autre d’entre elles. Par l’usage des aspirations, l’âme s’élève vers les choses d’en-haut, elle se remplit de lumière, elle se simplifie, elle se purifie, elle s’enflamme et, en quelque sorte, elle se transforme tout entière en Dieu. » Le saint auteur conclut : « Habituez-vous à faire des aspirations, et bientôt vous en retirerez le plus grand fruit13. Le P. Saint-Jure dit aussi : « Les aspirations tiennent toujours l’âme dans un état de ferveur, et dans une sainte disposition de pratiquer les différents actes de vertus lorsque les occasions se présentent14. »

4. Les oraisons jaculatoires nous unissent à Dieu, parce que, jaillissant du coeur, elles sont ordinairement des actes de la vertu théologale de charité, dont le propre est d’unir les âmes au souverain Bien. C’est pourquoi l’usage des aspirations doit être l’exercice par excellence de la voie unitive, à laquelle appartiennent les âmes dont l’occupation principale est de s’unir à Dieu par l’amour. Nous disons : l’exercice principal, parce que si, dans tous les autres exercices de piété, nous nous unissons à Dieu d’esprit et de coeur tandis que nous y vaquons, dans celui des aspirations cette union est continuelle. Appliquons-nous aux oraisons jaculatoires, dit saint Jean-Baptiste de la Salle, parce qu’elles servent à exciter et à entretenir en nous le feu de l’amour de Dieu, qui par la faiblesse de notre esprit et la mollesse de notre coeur, se ralentit de temps en temps15. »

5. Les oraisons jaculatoires disposent merveilleusement à la contemplation et à l’union mystique, les âmes que le Seigneur daigne y appeler. La raison en est qu’elles augmentent sans cesse dans les coeurs l’intensité de la charité; or, dit Massoulié : « C’est la divine charité qui dispose le plus prochainement à la contemplation16. » Écoutons le célèbre carme Jean de Jésus-Marie, surnommé par Bossuet : très grand théologien et très grand ascète : « Le sentiment commun de tous les auteurs que j’ai lus, est que l’âme s’élève par l’exercice des aspirations à la connaissance la plus sublime de Dieu, et arrive à expérimenter Ses opérations, en sorte que si elle pratique souvent cet exercice angélique, magnifiquement loué par les ascètes, et si elle le préfère à tout autre, elle fera de grands progrès. La pratique des aspirations a tellement la vertu de stimuler l’âme et de l’embraser des flammes divines, qu’elle suffit, dans des conditions favorables et avec l’application à pratiquer les vertus chrétiennes, pour nous conduire à la plus haute perfection et à la plus exquise pureté. Car bien que l’union, les ravissements, les goûts célestes, les révélations et les autres caresses intérieures de Dieu soient des faveurs purement gratuites, et que personne ne puisse les produire par ses propres efforts, quelque énergiques qu’on les suppose, il est hors de doute, néanmoins, que ces faveurs sont accordées avec plus de magnificence qu’on ne saurait le penser, à l’âme qui se prépare comme il convient pour cette sorte d’union17. »

6. Les oraisons jaculatoires nous font observer ce précepte de Notre-Seigneur : « Il faut toujours prier, et ne pas se lasser18« , car nos actions offertes à Dieu ne peuvent être une prière continuelle, puisqu’elles ne consistent pas essentiellement dans une élévation de l’âme vers Dieu19. Faire de nombreuses aspirations est prier aussi continuellement qu’il est possible ici-bas, parce que, dit Saint Thomas : « L’état de la vie présente ne souffre pas que l’homme se porte toujours actuellement vers Dieu20. » C’était la maxime de saint Paul de la Croix, et il la répétait souvent, que par de continuelles aspirations, on parvient à faire oraison vingt-quatre heures par jour21.

7. Les oraisons jaculatoires nous facilitent beaucoup la prière, soit vocale, soit mentale, en nous faisant vivre dans un recueillement continuel. Le P. Faber met au nombre des fautes qui favorisent les distractions dans nos exercices de piété, celle qui consiste à négliger la pratique des aspirations22.

8. Les oraisons jaculatoires, à cause de leur courte durée, sont exemptes des distractions dont nous sommes sans cesse assaillis dans la prière, et qui mettent obstacle, même lorsqu’elles sont involontaires, au fruit de réflection spirituelle, c’est-à-dire de dévotion, qu’on doit en retirer. Telle est la raison pour laquelle les Pères du désert attachaient beaucoup d’importance aux oraisons jaculatoires. « Nos prières, disait l’abbé Isaac, doivent être fréquentes, mais courtes, de peur que, si elles se prolongeaient, l’ennemi, qui nous guette, n’eût la faculté d’y glisser quelque distraction23. »

9. Les oraisons jaculatoires sont une source de joie spirituelle pour les âmes qui aiment Dieu, d’abord parce qu’elles mettent sans cesse en face de Celui qui est l’éternelle béatitude des Anges et des Saints; ensuite parce qu’elles les consolent dans toutes leurs peines. « Dans le cours de vos actions, dit le P. Nouet, ayez soin de faire des élévations d’esprit courtes et ferventes le plus souvent que vous pourrez. La fidélité que vous y apporterez vous en facilitera la pratique, et vous y fera trouver le paradis sur la terre24.

10. Les oraisons jaculatoires rendent notre vie semblable à celle des Esprits célestes, d’abord en nous faisant prier sans cesse Celui qu’ils contemplent et louent au ciel; ensuite en nous faisant rivaliser de pureté et de sainteté avec eux. Les Séraphins ne chantent-ils pas éternellement : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées25. » Jean de Jésus-Marie a donc eu raison d’appeler la pratique des aspirations : un exercice angélique :angelicum exercitium26.

11. Les oraisons jaculatoires constituent le plus facile en soi de tous les moyens de sanctification, puisqu’elles ne consistent qu’en de courtes prières. « Concluons, dirons-nous avec Bourdaloue, combien nous sommes inexcusables, lorsque nous négligeons une manière de prier qui nous doit coûter si peu, et qui nous peut être si salutaire27. »

12. Les oraisons jaculatoires remplacent, sans détriment pour nos âmes, les exercices de piété que nous sommes empêchés d’accomplir, parce qu’elles nous font prier continuellement. « En cet exercice de la retraite spirituelle (le recueillement) et des oraisons jaculatoires, dit saint François de Sales, gît la grande oeuvre de la dévotion; il peut suppléer à toutes les autres oraisons, mais, s’il vient à manquer, il ne peut être remplacé par rien. Sans lui, on ne peut pas bien faire la vie active28. » Sainte Jeanne de Chantal écrivait à Dom Juan de Saint-François : « Plusieurs années avant son décès, il (saint François de Sales) ne prenait quasi plus le temps de faire l’oraison, car les affaires l’accablaient; et un jour je lui demandai s’il l’avait faite. Non, me dit-il, mais je fais bien ce qui la vaut. C’est qu’il se tenait toujours en cette union avec Dieu, et disait qu’en cette vie, il faut faire l’oraison d’oeuvre et d’action. » Dans la retraite préparatoire à son sacre, le saint avait pris cette résolution : « Je ferai force oraisons jaculatoires pendant la journée29. »

13. Les oraisons jaculatoires nous obtiennent les grâces divines, parce qu’elles sont de véritables prières; or, Notre-Seigneur a promis que toute prière serait exaucée. « Demandez, a-t-Il dit, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite30. » Comme l’observe le P. Antoine de Balinghem, jésuite : « On ne doit pas refuser aux oraisons jaculatoires ce qui a été promis en général à la prière; elles nous obtiennent donc, sans aucune exception, tout ce qui nous est nécessaire ou utile soit pour l’âme, soit pour le corps31. » Citons un exemple. Le P. Diego de Soria (†1614), premier prieur des Dominicains de Manille et évêque de la nouvelle Ségovie, aux Indes, répétait si souvent cette invocation de saint Philippe de Néri : Jésus, soyez-moi Jésus! Jesu, esto mihi Jesus! que même pendant son sommeil, elle revenait sur ses lèvres. Il l’avait dite et redite quand le petit navire qui le transportait à son évêché, avait rencontré deux embarcations de pirates maures, et il lui attribuait d’avoir échappé à toute attaque. De même, lors d’une furieuse tempête, c’est la récitation de cette invocation qu’il se croyait redevable de n’avoir souffert aucun dommage. Une fois, il lui dut encore d’échapper sain et sauf à des barbares indiens, qui s’étaient mis en embuscade et qui tuèrent avec leurs flèches cinq des religieux qui l’accompagnaient. En de multiples circonstances, c’était toujours la même petite prière, croyait-il, qui lui avait été bienfaisante32.

14. Les oraisons jaculatoires nous font acquérir d’excellents et innombrables mérites, parce qu’elles sont des prières ferventes, ainsi que des actes de différentes vertus, mais surtout de charité, sans cesse réitérés. « Prononcés avec ferveur, dit saint Léonard de Port-Maurice, ces courtes invocations enrichissent notre âme d’une multitude de mérites33. » Chacune d’elles nous procure donc un nouveau degré de grâce sanctifiante, de charité et de gloire céleste.

15. Les oraisons jaculatoires préservent les âmes ferventes d’aller en purgatoire, ou du moins d’y demeurer longtemps. La prière, d’après le saint concile de Trente, fait partie des oeuvres satisfactoires34; par conséquent, les oraisons jaculatoires sont éminemment satisfactoires, puisqu’elles sont des prières ferventes et sans cesse répétées. Ordinairement, elles sont aussi des actes de charité, parce qu’elles sont faites par amour pour Dieu; or, la charité jouit d’une valeur satisfactoire proportionnelle à son intensité. Si donc nous avons eu le malheur de beaucoup offenser Dieu, multiplions nos oraisons jaculatoires, et nous satisferons facilement à Son infinie justice pour tous nos péchés remis quant la coulpe (accusation).

16. Les oraisons jaculatoires, même quand elles ne sont pas enrichies d’indulgences, procurent très efficacement le soulagement et la délivrance des âmes du purgatoire. Rappelons-nous que lorsque nous prions, ce n’est pas, dit Notre-Seigneur, par la multitude des paroles que nous sommes exaucés35 : ce qui nous obtient les grâces divines, c’est surtout la ferveur avec laquelle nous recourons à Dieu. Aussi fut-il révélé à sainte Gertrude, qu’ : « Une seule parole venant du coeur a beaucoup plus d’efficacité pour la délivrance des âmes du purgatoire, que de nombreuses prières qu’on avait lues36. »

Tels sont les principaux avantages du saint exercice des oraisons jaculatoires. N’avons-nous pas eu raison d’affirmer que ces petites prières produisent les plus grands fruits de sanctification? « Vous dites, s’écrie Alvarez de Paz, que le fruit de chaque aspiration est minime : je le concède; mais le monceau de froment qui nourrit une nombreuse famille ne se compose que d’innombrables petits grains, et les hirondelles n’apportent avec leurs pattes qu’un tantinet de boue à la formation de leurs nids; mais force d’en apporter, elles finissent par se construire la demeure qui leur suffit. De même, si vous ne cessez d’ajouter aspirations à aspirations, vous édifierez enfin au fond de votre coeur, pour Dieu et pour vous-même, une demeure dans laquelle vous jouirez d’un grand repos37. »

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1. Actes 17, 28
2. Jn 14, 23
3. I Cor. 6, 19
4. L’esprit et les vertus de saint J.-B. de la Salle, par Blain, ch. 9, n. 2
5. Tous les chrétiens indistinctement sont appelés à la perfection, puisque Notre-Seigneur nous a dit dans le sermon sur la montagne : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Mt., 5, 48) « Que personne n’estime, dit Pie XI, que cette invitation s’adresse à un petit nombre très choisi, et qu’il est permis à tous les autres de rester dans un degré inférieur de vertu. Car cette loi oblige tout le monde sans aucune exception. » Encyclique du troisième centenaire de saint François de Sales.
6. Via compendii ad Deum, c. 6, n. 5
7. On distingue quatre sortes d’union avec Dieu : 1) l’union physique, qui résulte de Sa présence en tout être; 2) l’union par la grâce sanctifiante et par la charité; 3) l’union de conformité à la volonté de Dieu par l’accomplissement de toutes Ses volontés; 4) l’union mystique, qui consiste dans un amour infus et expérimental, transformant l’âme en Dieu. Tout la perfection consiste dans l’amour de conformité à la volonté divine. « C’est là, dit sainte Thérèse, l’union que j’ai désirée toute ma vie, et que je demande sans cesse à Notre-Seigneur. » Le château interieur : Cinquièmes demeures, ch. 3
8. 2. 2. q. 44, a. 1
9. Opera : Migne : Patr. lat., t. 33, col. 501
10. 2. 2. q. 83, a. 3.
11. La véritable épouse de J.-C., ch. 16
12. De praxi divinae praesentiae, c. 1
13. De inquisitione pacis, 1. 4, p. 3, c. 9
14. De la connaissance et de l’amour de N.-S. J.-C., 1. 2, ch. 5
15. Extrait de la doctrine spirituelle de saint J.-B. de la Salle, n. 52
16.Méditations sur les trois vies; édition de la Bonne Presse, p. 176. — Ce savant et pieux dominicain avait appris presque par coeur toute la Somme de saint Thomas.
17. Mystica Theologia, c. 9.
18. Lc 18, 1
19. Le sentiment suivant lequel agir pour Dieu, c’est prier : « ne me plaît pas », dit Suarez : Opera; éditio Vivès; t. 14, p. 108.— D’après le contexte, les passages du Nouveau Testament où il est recommandé de prier sans cesse, doivent s’entendre de la prière proprement dite. Cf. Lc 18, 1; Col. 4, 2; I Thess. 5, 17
20. 2. 2. w. 184, a. 2
21. Vie par Strambi, 1. 2, ch. 1
22. Progrès de l’âme, ch. 24
23. Cassien : 9e conférence, n. 36
24. Pratique de l’amour de Dieu; Extrait de Nouet par le P. Pottier; 3e p., 20e Entretien.
25. Is. 6, 3
26. Loc. cit.
27. Pensées de Bourdaloue; Lille, 1846; t. 1, p. 347
28. Vie dévote, 2e p., ch. 13
29. Lettre du saint à une personne de confiance, fin novembre 1602
30. Jn 16, 24
31. De orationibus jaculatoriis; Antverpiae, 1618; p. 408
32. Orta, S. J. : Orazioni giaculatorie; Roma, 1706; n. 520
33. Manuel sacré; 6e édition Castermann; p. 63
34. Catechusmus romanus, p. 2 : De sacr. poenit., n. 105
35. Nt. 6, 7
36. Legatus divinae pietatis, 1. 5, c. 15
37. Loc. cit.

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CHAPITRE II

Exemples des Saints
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Les exemples, dit saint Thomas, touchent plus que les paroles : Magis movent exempla quam verba1; c’est pourquoi les exemples suivants exciteront vivement nos lecteurs à pratiquer fervemment l’exercice des oraisons jaculatoires.

Notre-Seigneur a choisi le moment le plus solennel de Sa vie pour nous recommander, et pour confirmer par Son exemple l’usage de ces petites prières, puisque, avant de mourir sur la croix, Il fit les trois suivantes : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M’avez-vous abandonné? Mon Père, Je remets Mon âme entre Vos mains. »

La très sainte Vierge a révélé à Marie d’Agréda, que pendant Sa vie mortelle, Elle Se plaisait à faire très souvent des élévations de coeur vers Dieu2. »

Il est relaté dans le célèbre ouvrage Vitae Patrum qu’un saint solitaire avait prié cent et trois fois pendant une conversation3.

Avant sa conversion, sainte Thaïs, qui vivait vers le milieu du quatrième siècle, s’était livrée à tous les désordres. Convertie par saint Paphnuce, anachorète de la Thébaïde, elle lui demanda comment elle devait s’adresser à Dieu dans la prière.  » Vous n’êtes pas digne, lui répondit-il, de prononcer le nom de Dieu, parce que votre bouche est pleine d’iniquités, ni de lever les mains vers le ciel, parce qu’elles sont souillées de toute sorte d’impuretés! Contentez-vous donc de vous tourner vers l’orient, et de répéter fréquemment ces paroles : Vous qui m’avez créée, ayez pitié de moi! Qui plasmati me, miserere mei! C’est cette oraison jaculatoire faite avec beaucoup de larmes, qui sanctifia les trois années que Thaïs passa encore sur la terre4.

Bernard de Quintavalle, premier compagnon de saint François d’Assise (†1226), l’entendit s’écrier pendant toute une nuit, à genoux, les bras en croix, les yeux levés vers le ciel, et fondant en larmes : Mon Dieu et mon tout! Deus meus et omnia5.

Saint Thomas d’Aquin (†1274) vivait de Dieu par une application parfaite à la prière, et par l’offrande assidue de toutes ses actions. Cent fois le jour, il décochait vers le ciel les flèches embrasées des oraisons jaculatoires6.

Saint François-Xavier (†1552), répétait si souvent : O très sainte Trinité! O sanctissima Trinitas! que les idôlatres avient pris l’habitude de faire cette exclamation, même sans la comprendre. La nuit pendant son sommeil, on surprenait sur ses lèvres cette touchante aspiration : « O mon Jésus, l’amour de mon coeur7.  »

Le P. Gonzalve de Sylveira (†1561), supérieur des jésuites de Lisbonne, martyrisé au Mozambique, parvint à exciter parmi ses religieux une telle dévotion envers la très sainte Trinité, que quelques-uns, par une très courte prière, imploraient dix mille fois chaque jour le secours des trois divines personnes8.

Une des plus vives consolations du P. Jacques Cerruto (†1575), jésuite, était de renouveler, avec ses trois voeux, la pleine offrande tout lui-même à la très sainte Trinité; et par un exercice analogue à celui du chapelet, il répétait affectueusement cette offrande jusqu’à trois mille fois dans un seul jour; il lui arriva même une fois de renouveler ainsi ses voeux vingt-quatre mille fois9.

Dieu ayant fait connaître au bienheureux Grégoire Lopez (†1596), laïque espagnol, que telle était Sa volonté, il fit mentalement pendant trois ans, aussi souvent qu’il respirait, et même la nuit quand il s’éveillait, la prière : « Que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ainsi soit-il, Jésus. » Il s’en trouva tellement fortifié intérieurement, qu’il n’eut plus d’autre volonté que celle de Dieu10.

Cinquante fois chaque jour, sainte Marie-Madeleine de Pazzi (†1607) offrait à Dieu le Précieux Sang de Jésus-Christ pour les pécheurs et pour les âmes du purgatoire; et il lui fut révélé qu’elle devait à cette pratique la conversion de beaucoup de pécheurs et la délivrance d’une multitude d’âmes souffrantes11.

Un des historiens du P. François Suarez (†1617), le plus illustre des théologiens de la Compagnie de Jésus, rapporte que : « Quelque part qu’il fût, et dans toutes ses actions, dans ses conversations même et dans ses voyages, on sentait, à la douce gravité de sa tenue, à la religieuse modestie de son visage, à ses regards élevés souvent vers le ciel pendant que ses lèvres prononçaient quelques pieuses paroles, qu’il ne perdait jamais Dieu de vue. » Sa formule d’abondon à Dieu était : « Tout est pour le mieux12. »

Saint Jean Berchmans (†1621) priait si continuellement, qu’on le voyait presque toujours les lèvres en mouvement13.

Un des plus saints religieux de la Compagnie de Jésus, le P. Didace Martinez (†1624), surnommé l’apôtre du Pérou, passait les nuits en oraison pendant ses voyages, souvent élevé par l’extase jusqu’au-dessus des arbres. Ses travaux l’empêchant de beaucoup vaquer à l’oraison pendant le jour, il faisait d’innombrables oraisons jaculatoires. C’était petit à petit qu’il était parvenu à la plus intime union avec Dieu, car pendant son noviciat, il avait pris la résolution d’élever son coeur vers Lui sept fois le jour; peu à peu il augmenta ce nombre jusqu’à cent, et avant sa profession, il était parvenu à trois cents. Il en vint à faire journellement jusqu’à sa mort, quatre et même cinq mille aspirations. Il répétait chaque jour quatre et parfois six cents fois les mots : Deus gratias! Aucune prière, disait-il, n’est plus courte ni plus agréable à Dieu. » Le P. Martinez fit un très grand nombre de miracles14.

Saint Pierre Fourier (†1640) ne se lassait pas de dire : Montrez que Vous êtes notre Mère!Monstra Te esse Matrem! et en prononçant ces paroles, son coeur se fondait de tendresse15.

Le P. Nocolas Lancicius (†1653), le plus grand des écrivains spirituels de la Compagnie de Jésus, faisait tous les jours des milliers et des milliers d’oraisons jaculatoires; une des principales, qu’il répétait souvent plusieurs fois de suite, était : Pour Vous, Seigneur!Propter Te, Domine16.

Chaque jour, le P. Jean de Alloza (†1666), jésuite, multipliait par milliers ses actes d’amour de Dieu17.

Le Frère Basile du Saint-Esprit (†1670), carme déchaussé, avait à tout moment sur les lèvres l’invocation : « Dieu nous fasse miséricorde, et aux bons trépassés! Amen, amen, amen18.

La soeur Marie-Gabrielle de Monet (†1688), visitandine, disait mille fois tous les jours : « Que les àmes des fidèles trépassés reposent en paix par la miséricorde de Dieu19. »

Sainte Marguerite-Marie (†1690) fit un jour à Notre-Seigneur cette demande : « Apprenez-moi ce que Vous voulez que je Vous dise. — Rien, lui répondit-Il, sinon ces paroles : « Mon Dieu, mon Unique et mon Tout, Vous êtes tout pour moi, et je suis toute pour Vous! ». Diverses autres aspirations furent familières à la sainte. Elle recommandait à ses novices l’usage des oraisons jaculatoires, et la pratique d’ajouter la suivante à certaines mortifications : « O sacré Coeur, je meurs à ce plaisir, pour ne vivre qu’à Votre amour20. »

Saint Jean-Baptiste de la Salle (†1717) disait fréquemment : « Vive Jésus dans nos coeurs! À jamais! » Il prononçait si souvent les paroles : « Dlieu soit béni! » qu’elles furent encore sur ses lèvres pendant son agonie. Même durant son sommeil on l’entendait s’écrier : « Mon Dieu, Vous savez que je ne veux que Vous21! »

Saint Léonard de Port-Maurice (†1751) avait pris cette résolution : « Je répéterai l’invocation : « Mon Jésus, miséricorde! » mille fois le jour, ou mentalement, ou vocalement22. » Nous lisons dans un de ses ouvrages : « Un serviteur de Dieu, mort il y a peu d’années en grande réputation de sainteté dans les environs de Florence, avait constamment ces paroles sur les lèvres; on remarqua qu’il les proférait jusqu’à trois cents fois et plus en un quart d’heure23. »

« Une personne très intérieure, dit encore saint Léonard de Port-Maurice, m’a confié que Dieu lui ayant fait la grâce des connaître la gravité des ses péchés, elle faisait plus de mille actes de contrition par jour; et comme à chaque acte elle se traçait un signe de croix sur le coeur, son vêtement en fut usé au point de se trouer en cet endroit. » Ce grand saint ajoute : « Un coeur pénétré de componction est si agréable à Dieu24! »

« Un pieux frère de notre Société, rapporte le P. Pergmayr (†1765), jésuite, était arrivé si loin dans les entretiens intimes et l’union avec Dieu, qu’il formait deux cents actes d’amour pendant le court espace de temps qu’il servait à table25. »

Le Père Louis Leleu (†1849), jésuite, se découvrait devant les personnes qu’il rencontrait, afin de saluer leur Ange gardien26. Il avait choisi quelques saints qu’il invoquait à chaque marche, lorsqu’il montait des escaliers. Il disait souvent : « Ah! Jésus, si je pouvais me donner à moi-même ce que je désire, que je me donnerais un grand amour pour Vous! » Et encore : « O Dieu de bonté, faites qu’avant de mourir, je fasse quelque chose digne de Vous27. »

Un religieux de la Compagnie de Jésus nous écrivait en 1919 : « Il y a quelque temps, un Père âgé m’a raconté qu’il avait entendu, à Laval, Le T. R. P. Roothaan (†1853), Général de notre Ordre, répéter sans cesse d’une voix gémissante pendant l’action de grâces de sa messe, se croyant seul dans la chapelle, ces mots : Miserere mei peccatoris! Ayez pitié de moi, pécheur! »

La bienheureuse Mère Madeleine-Sophie Barat (†1865) avait composé cette oraison jaculatoire qu’elle répétait à satiété comme le résumé de sa pensée : « Coeur sacré de Jésus, ¸o ma lumière, mon amour et ma vie, faites que je ne connaisse que Vous, que je n’aime que Vous, que je ne vive que de Vous, par Vous et pour Vous28! »

Le pieux cardinal Dechamps (†1883), rédemptoriste, faisait chaque jour un grand nombre de fois l’invocation : « Mon Jésus, miséricorde! » en allant et venant, en traversant un vestibule, en montant un escalier. Jusqu’à la fin de sa vie, on l’entendit fréquemment, quand il travaillait, répéter cette prière jaculatoire : « Loués soient Jésus et Marie toujours Vierge :Laudetur Jesus et Maria semper Virgo29.

Les familiers du cardinal Bilio (†1884), barnabite, l’entendaient souvent s’écrier : « Mon Jésus, ne permettez pas que je me sépare de Vous! Cachez-moi dans vos plaies, ô Jésus, ô bon Jésus30! »

Le R. P. Jean-Baptiste, ancien directeur du Juvénat des passionistes d’Ere-les-Tournai, mort en France au début du siècle, était considéré comme un religieux d’une grande innocence, vivant dans une continuelle et intime union avec Dieu. En montant et en descendant les escaliers de son couvent, il invoquait très dévotement, à chaque marche, le saint nom de Jésus. Quand on le rencontrait dans les corridors, on l’entendait redire sans cesse : « Jésus! Jésus31! »

Une religieuse visitandine nous écrivait en 1921 : « La soeur Marie-Marthe Chambon, de notre Ordre, morte en odeur de sainteté en 1907 à Chambéry, apprit de Notre-Seigneur les deux invocations suivantes, dont Il lui montra la merveilleuse efficacité pour la conversion des pécheurs et le soulagement des âmes du purgatoire : « Mon Jésus, pardon et miséricorde par les mérites de Vos saintes Plaies! — Père éternel, je Vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour guérir celles de nos âmes! » Ces deux invocations furent comme la respiration, jour et nuit, de cette humble soeur converse, qui par elles obtint des grâces extraordinaires32. »

La soeur Marie-Joséphine de Jésus, religieuse de l’Adoration perpétuelle du Sacré-Coeur, morte à Turin en 1917, nommait saint Antoine de Padoue : son père, son grand ami et son maître33. « Il me recommanda, dit-elle dans son autobiographie, de proférer souvent le nom de Jésus avec réflexion, foi et amour; ainsi prononcé, il est chaque fois pour l’âme comme une révélation de Son Être Depuis lors, je n’ai pas cessé d’expérimenter combien cela est vrai; aussi je le redis parfois pendant des heures entières34. »

Peu de serviteurs de Dieu firent autant d’aspirations que le P. William Doyle, jésuite irlandais, tué dans l’exercice de son ministère sur le champ de bataille de Trezenberg, près d’Ypres, le 16 août 1917. Notre-Seigneur lui avait dit un jour : « Vous devez faire de votre vie un martyre de prière. » C’est pourquoi il multipliait ses aspirations à l’infini, en augmentant toujours le nombre. Le 1er décembre 1916, il écrivait : « Claire lumière que Dieu me demande de tendre à 100 000 aspirations quotidiennes… Je sens que Jésus demande cela en réparation pour ses prêtres. » Son historien estime que ces aspirations, à cause de leur nombre prodigieux, ne pouvaient pas toujours être formulées, mais qu’elles devaient souvent consister, par exemple, en vertu d’une convention faite avec Dieu, dans une élévation de l’esprit vers Lui, dans un battement de coeur plein d’amour, dans un éclair de l’âme35.

Chers lecteurs, les exemples que nous venons de citer sont presque tous plus admirables qu’imitables; si nous les avons proférés à ceux qui sont imitables, c’est pour la raison que ce que les saints ont fait d’extraordinaire nous frappe davantage, s’imprime plus profondément dans notre mémoire, et excite vivement les âmes généreuses à marcher sur leurs traces, ce qu’elles doivent faire dans la mesure de leur grâce et sans s’excéder.

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1. l. 2.q.34, a.1
2. Cf. P. Friaque : Traité de l’Oraison jaculatoire, 2e p. ch. 4
3. Migne : P. L. t. 73, c. 943
4. Migne : ibid., c. 662
5. Vie par Chalippe, l. 1, anno 1209
6. Vie par le P. Joyau, l. 2, ch. 2
7. Vie par le P. Bouhours, l. 6
8. Ménologue de la Compagnie de Jésus, par le P. de Guilhermy. — Lancicius : De praxi divinae praesentiae, c. 30
9. Ménologue cité.
10. Petits Bollandistes : 18 mai
11. Lancicius : loc. cit. c. 6
12. Vie par le P. de Scorraille, t. 2, l. 5, ch. 1, n. 8 et 10
13. Vie par le P. Cros, l. 2, ch. 2
14. Pergmayr : Maximes spirituelles, ch. 7 — Lancicius : loc. cit., c. 3
15. Vie par Dom Vuillemin, l. 6, ch. 2
16. Mathias Tanner : Societas Jesu, Apostolorum imitatrix : P. Lancicius. — Collectanea Lanciniana.
17. Ménologue cité..
18. Vie par le P. Célestin de Saint-Simon, ch. 17
19. Année Sainte de la Visitation, t. 5, p. 322
20. Vie et oeuvres; édit. Gauthey; t. 2, p. 165, 195, 735, 738.
21. Esprit et vertus de saint J.-B. de la Salle, par Blain, ch. 9
22. Livre de ses résolutions, ch. 6
23. Manuel sacré, 6e édit., p. 21
24. Ibid., p. 29
25. Loc. cit., ch. 15
26. Nous recommandons à nos lecteurs la pratique de saluer les Anges gardiens des personnes qu’ils rencontrent, et ceux des lieux où ils se rendent. Nous leur conseillons aussi de terminer les lettres qu’ils écrivent à des personnes pieuses, par ces mots : Je salue votre bon Ange, Saluto Angelum tuum. Cette dernière pratique était celle du saint archidiacre d’Evreux, Henri-Marie Boudon, et du saint hojje de Tours, M. Dupont. Rendez-vous fort familier avec les Anges », dit saint François de Sales (Vie dévote, 2e p. ch. 16). Les Anges se plaisent à combler de grâces de toute sorte leurs dévots serviteurs.
27. Notices historiques sur quelques membres de la Société des Pères du S. Coeur et de la Compagnie de Jésus, par le P. Guidée, t. 2 : Le P. Leleu
28. Vie par le P. de Grandmaison, ch. 9
29. Vie par le P. Saintrain, l. 3, ch. 16
30. Vie par le P. Pica, ch. 10
31. Nous tenons ce fait d’un grave religieux qui a connu le P. Jean-Baptiste
32. Pie X a enrichi ces deux invocations d’une indulgence de trois cents jours, que peuvent gagner les Visitandines chaque fois qu’elles les récitent dévotement.
33. Une adoratrice du S. Coeur; 2 édit., p. 38
34. Ibid., p. 36
35. Revue d’Ascétique et de Mystique; Avril 1921; p. 128-136. — Beaucoup de saints personnages ont pu faire un nombre très extraordinaire d’aspirations, ou bien en profitant pour cela de tous leurs moments de loisir, ou bien en faisant mentalement nombre de ces petites prières, ou bien en les résumant dans une très brève formule, dans un seul mot, dans un geste pieux, ou bien en recourant à d’autres industries.

* * * * *

Chapitre III

Règles à suivre dans l’usage des oraisons jaculatoires
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La fin des oraisons jaculatoires, c’est l’union de l’âme avec Dieu par un amour toujours plus intensif. Pour parvenir à cette fin, nous devons, dans l’usage de ces petites prières, suivre les douze règles suivantes :

1e RÈGLE. – «Dans le choix et l’emploi fréquent des saintes affections, dit Lancicius, on doit surtout tenir compte de la disposition et de l’inclination de l’âme, et produire celles auxquelles on se sent disposé, incliné et comme porté naturellement1.» La raison en est , suivant le Père Saint-Jure, que : «Les meilleures aspirations sont celles que l’amour et la dévotion inspirent et mettent dans la bouche2.» Il est expédient que celui qui n’a pas d’autre attrait, conforme souvent ses oraisons jaculatoires à la voie, soit purgative, soit illuminative, soit unitive, qu’il suit dans la vie spirituelle3.» Cette triple voie n’est pas autre chose que la fuite du péché, l’acquisition des vertus et l’union avec Dieu.

2e RÈGLE. – Nous devons surtout multiplier les actes de contrition, d’humilité, d’amour de Dieu, d’offrande de nous-mêmes et de nos actions, et de conformité à la volonté divine. – 1. Les actes de contrition doivent être fréquents, parce que, dit saint Jacques : «Nous commettons tous beaucoup de fautes4; notre devoir est donc d’en demander souvent pardon. – 2. Les actes d’humilité nous sont vivement recommandés par saint Jean Chrysostome. «Soupirez amèrement, dit-il, songez à vos péchés, levez les yeux vers le ciel et dites en vous-même : O Dieu, ayez pitié de moi! Et Il ne manquera rien à votre prière. Celui qui prononce ces mots : Ayez pitié de moi! fait une confession véritable et reconnaît ses fautes, car il appartient au pécheur d’implorer miséricorde. Celui qui dit : Ayez pitié de moi! obtient par cela même le pardon de ses péchés, car on ne châtie pas celui dont on a pitié. Celui qui dit : Ayez pitié de moi! a mérité le royaume des cieux, car Dieu ne Se borne pas à mettre celui dont Il a pitié à l’abri du châtiment, Il lui donne de plus la possession des biens à venir5.» Disons donc très souvent : «Mon Dieu, ayez pitié de moi!» ou bien : «Mon Jésus, miséricorde!» – 3. Les actes d’amour de Dieu sont les plus excellents et les plus méritoires de tous et, par conséquent, ils doivent être les plus fréquents, car c’est par la charité que nos âmes s’unissent au souverain Bien. «Qu’un de vos exercices, toute votre vie, dit sainte Térèse, soit de faire beaucoup d’actes d’amour, parce qu’ils enflamment et attendrissent l’âme6.» – 4. Les actes d’offrande de nous-mêmes ont aussi une très grande importance. «La première donation, écrit un savant théologien moderne, et capitale pour la vie dévote. Beaucoup d’âmes n’y entrent jamais à fond, parce qu’elles se contentent, ou veulent se contenter, de faire à Dieu une part dans leur vie et dans leur activité, et refusent, plus ou moins consciemment, de se donner elles-mêmes. Cette donation, une fois faite par un acte parfaitement généreux, doit se renouveler sans cesse, pour nous remettre dans la même disposition généreuse d’être tout à Dieu et de ne Lui rien refuser; elle doit se renouveler particulièrement toutes les fois que l’âme s’est reprise de façon ou d’autre, n’a pas agi en âme donnée. C’est dire que cet acte doit être très fréquent dans la vie spirituelle7.» Aimons donc à dire fréquemment : «Mon Dieu, je me donne tout à Vous!» – 5. Les actes d’offrande des actions sont aussi très importants, parce que, pour être méritoires, il faut, suivant les saints Pères et la plupart des théologiens, qu’elles soient faites non seulement en état de grâce, mais aussi par un motif surnaturel8; or, il n’arrive que trop souvent au chrétien d’agir par un motif naturel. En renouvelant fréquemment l’offrande de nos actions, comme aussi celle de nos souffrances, nous les rendrons sûrement méritoires. Disons donc très souvent, même plusieurs fois de suite, avec Lancicius : Pour Vous, Seigneur! Propter Te, Domine9! – 6. Les actes de conformité à la volonté divine sont exaltés par saint Alphonse de Liguori : «En faisant la volonté de Dieu, dit-il, nous ferons tout. Accoutumons-nous donc à avoir toujours à la bouche cette oraison jaculatoire : Que Votre volonté soit faite! Fiat voluntas Tua! Même dans les moindres accidents, comme si une chandelle s’éteint, si un vase se brise, si nous nous heurtons contre une pierre, répétons toujours : Que la volonté de Dieu soit faite10!»

3e RÈGLE. – D’ordinaire, il convient de faire vocalement les oraisons jaculatoires. D’après saint Thomas, on prie vocalement, d’abord pour exciter la dévotion intérieure; ensuite pour honorer Dieu non seulement d’esprit, mais aussi de corps; enfin pour permettre à l’âme de s’épancher extérieurement, lorsqu’elle est remplie de saintes affections11. Remarquons que pour gagner les indulgences attachées à des oraisons jaculatoires, il faut, en général, les faire vocalement.

4e RÈGLE. – Les oraisons jaculatoires doivent être ferventes. «Plus une aspiration est véhémente et amoureuse, dit saint François de Sales, meilleure elle est12.» Les prières jaculatoires consistant dans de courtes prières, le fruit que l’on en retirerait ne serait pas considérable, si la ferveur de la volonté ne compensait pas la brièveté des paroles13. Et puis, dit saint Thomas, la quantité du mérite d’un acte dépend de son intensité14.

5e RÈGLE. – « Tous ces élans ou aspirations, dit saint François de Sales, sont d’autant meilleurs qu’ils sont plus courts15.» La raison en est, dirons-nous avec Denys-le-Chartreux, que plus les affections sont ardentes, moins la bouche est capable de les exprimer16. Quand Notre-Seigneur ressuscité apparut à sainte Marie-Madeleine, elle ne put que s’écrier, dans l’excès de sa joie et de son amour : Rabboni! c’est-à-dire : Maître17! Rappelons à nos lecteurs cette belle parole de Lacordaire : «Plus les âmes s’aiment, plus leur langage est court18.»

6e RÈGLE. – Une même oraison jaculatoire doit être de temps en temps répétée plusieurs fois de suite. Saint François de Sales, rapporte Mgr Camus, disait qu’ «il estimait davantage une oraison jaculatoire, ou une aspiration répétée cent fois, que cent oraisons jaculatoires dites chacune une fois… Et il ajoutait que plus l’abeille s’arrête sur une fleur, plus elle en tire de miel19.» Aussi saint Philippe de Néri conseillait-il de réciter des oraisons jaculatoires en forme de chapelet20.

7e RÈGLE. – En général, on doit plus ou moins souvent diversifier ses oraisons jaculatoires. Très rares sont les âmes qui, comme quelques saints, pourraient tirer profit de la répétition continuelle d’une même aspiration; pour la plupart, cette répétition deviendrait vite monotone, fatigante, fastidieuse. Et puis, dit l’auteur de l’Imitation : «Tous ne peuvent avoir le même exercice : l’un est plus utile à celle-ci; l’autre, à celui-là. On aime aussi à varier ses exercices selon la convenance des temps; les uns sont plus goûtés aux jours de fête; les autres, aux jours ordinaires. Les uns sont nécessaires au temps de la tentation; les autres, au temps de la paix et du repos21.»

8e RÈGLE. – Nous devons faire servir toute chose à l’exercice des oraisons jaculatoires. «Toutes choses, dit saint François de Sales, invitent ceux qui aiment Dieu à aspirer à Lui, et il n’y a créature qui ne leur annonce la louange de leur bien-aimé… toutes choses les provoquent à de bonnes pensées, desquelles naissent par après force saillies et aspirations vers Dieu22.» Si, par exemple, nous rencontrons une personne, saluons son Ange gardien; quand une action sainte vient à notre connaissance, louons-en le Seigneur; lorsqu’on nous parle d’un pécheur, prions pour sa conversion; si nous entendons proférer un blasphème, disons : «Dieu soit béni23!» À la nouvelle de la mort de quelqu’un, faisons des aspirations indulgenciées pour le repos de son âme; à la table, remercions le Seigneur de nous traiter si bien, malgré nos péchés; en admirant les qualités des animaux, adorons les perfections divines, et profitons des services nombreux qu’ils nous rendent, pour en témoigner à Dieu notre reconnaissance; à la vue des merveilles de la nature, exaltons la grandeur, la sagesse, la puissance et la bonté du Créateur; dans toutes nos contrariétés, disons : Mon Dieu, que Votre volonté soit faite! Enfin, quand nous goûtons quelque plaisir dans l’usage des choses crées, disons merci à notre bon Père céleste.

9e RÈGLE. – Les oraisons jaculatoires doivent être nombreuses et peu espacées, autrement nous n’en retirerions pas le fruit d’une union continuelle avec Dieu. Quant à la fréquence en général de ces élévations de l’âme vers Dieu, chacun, suivant Alvarez de Paz, doit considérer deux choses : la première, ce qu’il peut faire sans s’excéder; la seconde, ce que la grâce lui inspire, car Dieu ne demande pas la même chose à tout le monde; et le moyen de connaître Sa volonté, c’est d’abord d’examiner ce qui est possible; ensuite, d’écouter la conscience lorsqu’elle reproche qu’on n’a pas fait assez; enfin de consulter un directeur expérimenté dans la vie spirituelle24. Observons qu’il faut multiplier davantage les aspirations : a) pendant l’heure qui suit la sainte communion; b) en toutes nos nécessités spirituelles et corporelles; c) dans les circonstances où nous sommes le plus exposés à la dissipation : les récréations, les visites, les voyages, etc.; d) dans les moments de loisir; e) en temps de maladie et aux approches de la mort. – Les religieux ne peuvent mieux employer le temps de passage d’un exercice à un autre qu’à de saintes aspirations.

10e RÈGLE. – Pour se rappeler souvent qu’on doit faire des oraisons jaculatoires, il faut recourir à de pieuses industries. «Ayez dans votre chambre et sur vous-même, dit saint Léonard de Port-Maurice, quelque signe qui vous rappelle la présence de Dieu25.» Saint Alphonse dit aussi : «Il est utile de déterminer certains moments ou certains signes particuliers, pour se rappeler la présence de Dieu, comme lorsqu’on sort de sa cellule ou qu’on y rentre. Il y en a qui ont coutume de placer dans leur chambre un objet destiné à cette fin26.»

11e RÈGLE. – On ne doit pas multiplier les oraisons jaculatoires au point de s’excéder et se dégoûter de ce saint exercice. «En toute chose, dit saint Alphonse, la discrétion est nécessaire27.» Ce qu’on fait par attrait, avec une certaine facilité et avec profit spirituel, doit être toujours continué, quelles que soient les réclamations de la nature. «Il faut prendre garde, dit Suarez, à ne pas se laisser facilement vaincre par le dégoût de la prière, car souvent il peut avoir pour causes une tentation, la tiédeur ou quelque habitude mauvaise; c’est pourquoi il est souvent nécessaire de persévérer fortement et de vaincre ce dégoût par une habitude contraire28.»

12e RÈGLE. – On doit persévérer dans l’exercice des oraisons jaculatoires, quelles que soient les difficultés des commencements. Cette sainte pratique, nous l’avons dit, est en soi le plus facile de tous les moyens de sanctification; néanmoins, elle coûte beaucoup lorsqu’on s’astreint, pour vivre dans le recueillement, à multiplier sans cesse les aspirations, d’autant plus que le souvenir continuel de Dieu contraint les âmes à éviter les moindres fautes, à faire bien des sacrifices et à vivre saintement; la persévérance exige donc beaucoup de générosité. «Eu égard à l’inconstance de notre imagination, dit le P. Saint-Jure, et à l’inclination naturelle de notre esprit à être libre dans ses pensées, de notre volonté qui veut jouir de cette même liberté dans ses désirs, cet exercice continuel des aspirations paraît difficile et comme impossible. Je conviens de cette difficulté, si l’on prend la chose dans les termes proposés; mais je soutiens que nous en viendrons à bout, si nous voulons, et que cette pratique nous deviendra facile, familière et agréable29.» Ne nous décourageons pas lorsque nous constatons le soir dans notre examen de conscience, que nous avons fait moins d’oraisons jaculatoires que précédemment. «Il ne faut jamais être surpris, dit P. de Caussade, qu’un jour de grand recueillement soit suivi d’un autre plein de dissipation; telle est la condition de toutes choses durant la vie présente. Cette variation est nécessaire, même dans les choses spirituelles, afin de nous tenir dans l’humiliation et dans la dépendance de Dieu. Les saints eux-mêmes ont passé par ces alternatives, et par de plus fâcheuses encore30.» Demandons chaque jour au Seigneur la persévérance dans la pratique des aspirations.

Chers lecteurs, prenons la résolution de pratiquer le saint exercice de la présence de Dieu, surtout en faisant de nombreuses et ferventes oraisons jaculatoires. Quels que soient les autres moyens que nous puissions prendre pour arriver à la perfection, ils seront tous inefficaces sans celui-là. – «Cette pratique du souvenir continuel de Dieu, dit Louis de Grenade, étant continuée, ouvre le chemin pour arriver bientôt à une haute perfection. Agir autrement, c’est passer sa vie en des projets et des desseins inutiles, sans jamais achever rien de solide ni de considérable31.»

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1. De praxi divinae praesentiae, c. 16
2. De la connaissance et de l’amour de N.-S. J.-C., 1. 2, ch 5
3. Cf. Rodriguez : De la perfection chrétienne, le p., 6e tr., ch. 3
4. Jac 3, 2
5. Opera : Migne : P. G., t. 54, c. 667
6. Avis, n. 51
7. P. Bainvel, S. J. : Le saint Cœur de Marie; 2e édit.; ch. 7, n. 1
8. Laymann : Theologia moralis, 1. 2, t. 3, c. 1 – Lemkuhl: Theologia moralis; edit. 12; t. 1, n. 367-369
9. Les actions les plus viles, mais permises, peuvent être offertes à Dieu.
10. Règlement de vie, ch. 3
11. 2. 2. q. 83, a. 12
12. L’esprit de saint François de Sales; édit. Marbeau; 3e p. ch. 4
13. La ferveur sensible n’est pas ordinairement en notre pouvoir.
14. 1. 2. q. 19, a. 8
15. Loc. cit.
16. De oratione, a. 27
17. Jn, 20, 16
18. Sainte Marie-Madeleine, ch. 5
19. Loc. cit. ch. 2
20. Vie traduite des Bollandistes, ch. 14
21. De imitatione Christi, 1. 1, c. 19
22. Vie dévote, 2e p. ch. 13
23. On peut gagner une indulgence de 50 jours, applicable aux défunts, chaque fois qu’on prononce ces paroles en entendant un blasphème. Pie X, 28 nov. 1903.
24. De inquisitione pacis, 1 4, p. 3, c. 10
25. La voie du paradis; Tournai, 1858; p. 70
26. La véritable épouse de J.-C. ch. 16
27. Ibid., ch. 8, n. 3
28. Opera; editio Vivès; t. 14, page 238
29. Loc. cit. 1. 2, ch. 5
30. L’abandon à la divine Providence, t. 2, 1. 6, 17e lettre.
31. Le dévouement à Dieu; extrait de Grenade par un Père de la Compagnie de Jésus, le p. ch. 2, n. 4

* * * * *

Liste d’oraisons jaculatoires
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La fin des oraisons jaculatoires étant l’union de l’âme avec Dieu, nous recommandons spécialement les suivantes à nos pieux lecteurs.

  • O très sainte Trinité! – S. François Xavier.

  • Mon Dieu, ayez pitié de moi! – S. Jean Chrysostome.

  • Mon Dieu, je Vous aime de tout mon cœur.

  • Mon Dieu et mon tout! – S. François d’Assise. – 50 j. d’ind. ch. f. applic. aux déf.

  • Mon Dieu, je me donne tout à Vous! – S. Alphonse de Liguori.

  • Que Votre volonté soit faite! – Ste Brigitte.

  • Pour vous, Seigneur! – Lancicius, S.J.

  • Mon Dieu, je meurs à ce plaisir par amour pour Vous.

  • Jésus, Marie! – Cette aspiration jouit d’un privilège unique : tous les fidèles peuvent gagner une indulgence de 300 jours, applicable aux âmes du purgatoire, chaque fois qu’ils invoquent ces saints noms des lèvres ou du moins de cœur.

  • Jésus, Marie, Joseph. – Aucune oraison jaculatoire n’est aussi richement indulgenciée, puisque, chaque fois qu’on la récite, on peut gagner une indulgence de 7 ans et 7 quarantaines, applicable aux défunts.

  • Mon Jésus, miséricorde! – S. Léonard de Port-Maurice. – 300 j. ch. ch. f. applic. aux déf. (Pie X, 20 mai 1911).

  • O très doux Jésus, ne soyez point mon Juge, mais mon Sauveur! – S. Jérôme Émilien. 50 j. ch. f. applic. aux déf.

  • Jésus, soyez-moi Jésus! – S. Philippe de Néri. – Cette invocation obtient des grâces extraordinaires.

  • Jésus, mon Dieu, je Vous aime par-dessus tout. – 50 j. ch. f. applic. aux déf.

  • Coeur sacré de Jésus, je crois à Votre amour pour moi. – 300 j. ch. f. applic. aux déf.

  • Coeur de Jésus, j’ai confiance en Vous. – 300 j. ch. f. applic. aux déf. – Des faits merveilleux prouvent l’efficacité de cette invocation.

  • Doux Coeur de mon Jésus, faites que je Vous aime de plus en plus. – 300 j. ch. f. applic. aux déf. – Pie X, 15 sept. 1905.

  • Jésus, doux et humble de coeur, rendez mon coeur semblable au Vôtre. – 300 j. ch. f. applic. aux déf.

  • Divin Coeur de Jésus, convertissez les pécheurs, sauvez les moribonds, délivrez les saintes âmes du purgatoire! – 300 j. ch. f. applic. aux déf.

  • Père Éternel, je Vous offre le Précieux Sang de Votre divin Fils pour les pécheurs, les agonisants et les trépassés.

  • Marie, notre espérance, ayez pitié de nous ! – 300 j. ch. f.

  • Doux Coeur de Marie, soyez mon salut. – 300 j. ch. f. applic. aux déf.1

 

"Terminons par ces paroles du P. Faber: «Chacune des oraisons jaculatoires est plus grande aux yeux de Dieu qu’une bataille gagnée, une découverte scientifique ou une révolution politique.» La raison théologique de cette assertion est que toute aspiration est un bien de l’ordre de la grâce ; or, le plus petit bien de l’ordre de la grâce, dit saint Thomas, est plus grand que tous les biens réunis de l’ordre de la nature.»"

 

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